Retour sur – Journées de la FCPTS – Atelier Mise en place d’une démarche qualité en CPTS (participant CPTS La Rochelle : Cécile HERVIEU)
CPTS La Rochelle
Publié le 27 janvier 2026
Cet atelier a présenté un retour d’expérience complet sur la mise en place d’une démarche qualité territoriale menée par une CPTS, en lien étroit avec les établissements hospitaliers, les DAC, les SRA et les professionnels de santé libéraux.
Les objectifs :
- développer une culture qualité commune ville–hôpital,
- structurer un circuit de signalement fiable,
- auditer les parcours réels des patients,
- améliorer concrètement la coordination des soins.
- Pourquoi une démarche qualité en CPTS ?
Les intervenants rappellent trois évolutions majeures :
- Les parcours s’effectuent en très grande partie hors de l’hôpital, ce qui rend indispensable d’associer les libéraux.
- L’ACI offre un levier pour organiser une mission qualité au sein des CPTS.
- La certification périodique des professionnels (dès 2026) va intégrer des exigences qualité, incitant à structurer une démarche commune.
- Construire une démarche qualité : méthode, outils et dynamique collective
La CPTS a structuré son projet autour de trois piliers :
- Un circuit de signalement des événements indésirables (FEI)
Outils mis en place :
- Fiche d’Événement Indésirable CPTS
- Procédure simple et sécurisée (papier + MS Santé)
- Analyse par un groupe qualité pluriprofessionnel
- Retour systématique au déclarant
- Comité RETEX ville–hôpital mensuel
- Actions correctrices concrètes :
- modèles d’ordonnance
- check-lists IDEL
- amélioration des lettres de liaison
- réunions qualité interstructures
Résultats :
- 26 signalements analysés la 1ère année
- 50 % concernent l’hôpital, 25 % d’autres structures, 25 % la CPTS
- Forte acceptation progressive du dispositif (acculturation +50 % l’année suivante)
Principes clés : confidentialité, non-jugement, simplicité.
- Auditer les parcours réels : la méthode du patient traceur
La deuxième partie de l’atelier décrit une méthode opérationnelle permettant d’évaluer la qualité du lien ville–hôpital en s’appuyant sur un cas patient réel, environ 3 semaines après la sortie d’hospitalisation.
Cette méthode est recommandée par la HAS.
Objectifs :
- Comprendre le parcours du patient, de l’hôpital au domicile
- Évaluer la coordination des intervenants
- Identifier les ruptures de transmission
- Renforcer l’interconnaissance entre acteurs
7 étapes du patient traceur :
- Choisir le service audité (urgences, chirurgie, psychiatrie…)
- Adapter la grille d’audit au service
- Constituer une équipe d’évaluateurs (2 hospitaliers + 2 libéraux)
- Tirage au sort d’un patient
- Recueillir le consentement
- Prévenir les équipes (2 semaines avant)
- Conduire l’audit sur une journée :
- matin : visite au domicile
- midi : rencontre de l’équipe libérale
- après-midi : réunion avec les équipes hospitalières
Analyse & restitution :
- Consolidation des constats par les 4 évaluateurs
- Identification collective des points forts et axes d’amélioration
- Restitution élargie (visio + présentiel) pour créer un dialogue ville–hôpital
- Mise en place d’actions correctrices adaptées
- Actions concrètes générées par les audits
L’audit patient traceur est un levier de transformation organisationnelle. Il a permis de mettre en place :
- Une pochette de liaison pour patients vulnérables
Contenant : identifiants, ordonnances, contacts, carte vitale, tutelle…
Caractéristiques :
- Opaque (confidentialité)
- Mise à jour par les PS
- Transport par SDIS/ambulanciers
- Financement & coordination : CPTS
- Stockage HDS via ITINEO/Maincare
- Base légale : consentement du patient.
- Un protocole pour les chirurgies de prothèse totale de genou
Le patient prend RDV avec son kiné dès l’anesthésie, ce qui :
- optimise la préparation préopératoire
- fluidifie les séances postopératoires
- réduit les retards et ruptures de parcours
- Soirées de formation
Organisées à partir des problématiques mises en évidence par les audits (ex : transmissions, sorties d’hospitalisation, soins postopératoires).
- Déploiement de la FEI ville–hôpital
Avec intégration dans le logiciel qualité hospitalier.
Flux actuel : principalement ville → hôpital (objectif futur : bidirectionnel).
- Partenariats structurants
Le succès repose sur une gouvernance partagée :
- Convention avec les Hospices Civils de Lyon pour formaliser l’expérimentation
- Collaboration étroite avec la SRA Caliris (formations qualité)
- Implication du GRAD régional pour l’hébergement et la sécurité des données
- Coopération active avec les médecins, IDEL, kinésithérapeutes et services hospitaliers
- Freins, leviers et facteurs clés de réussite
Freins :
- Manque de culture qualité en ville
- Crainte du jugement
- Charge de travail ressentie
- Faible visibilité des bénéfices pour les professionnels
Leviers :
- Démarche non culpabilisante et sécurisée
- Coordination par un référent qualité identifié
- Simplicité de la FEI et du circuit
- Implication d’un COPIL pluriprofessionnel
- Retours réguliers et concrets aux déclarants
- Formation commune ville–hôpital
Conditions de réussite :
- Coordination dédiée
- Procédure simple, claire, traçable
- Animation régulière pour maintenir l’engagement
- Ce qu’une CPTS peut mettre en œuvre immédiatement
- Créer un groupe qualité pluriprofessionnel
- Rédiger un circuit de signalement et une FEI
- Conclure une convention qualité avec l’hôpital
- Déployer les outils : check-lists, modèles d’ordonnances, protocoles
- Engager un premier audit patient traceur
- Communiquer les enseignements sur un espace pro
- Suivre les résultats et ajuster régulièrement